24.5.09

Contractions

On peut faire ce métier pour différentes raisons.
Par passion, par vocation, par ennui, par amour, par désir névrotique, par envie de reconnaissance, pour avoir son nom sur une affiche ou sa photo sur une page, en rébellion contre ses parents, contre le monde, contre soi-même… Et un peu de tout cela en même temps.

Je crois que je sais enfin pour quelle raison j'écris des histoires.
J'ai élaboré au fil des ans diverses théories sur le sujet, toujours prompt à me remettre en question, par peur de trouver une mauvaise réponse, de m'apercevoir de la non légitimité de mes envies, de l'éventuelle imposture de mes éventuelles réussites…
Je suis un être torturé. Parfois.
Et puis un jour, on ressent les contractions. Comme si en vous se manifestait l'imperturbable déroulement des choses, la finalité soudain révélée. Rien ne sert de lutter, il faut laisser faire la nature, sa nature.
Alors, après bien des questionnements inutiles, puisque voués à se terminer dans une nécessité infaillible, les contractions s'accélèrent et l'on finit par accoucher de soi-même, seul au monde, effrayé par ce qui sort et comblé en même temps.
On accouche de soi-même pour devenir ce que l'on est.
C'est cela qui m'arrive aujourd'hui. Du moins la confirmation de cela. La confirmation tangible, sous forme de preuve.

En fait, j'ai menti. Je ne sais toujours pas pourquoi j'écris des histoires.
Mais je sais désormais que la question n'a plus besoin d'être posée. Et mine de rien, ça fait une grosse différence.

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